Interviews - Presse

 

Claire Casedas souffle la première bougie de FUN IN MUSEUM sur Communicant.info

Com1an

 

Extraits de l'article de Cyril Leclerc du 29 novembre 2016

Lire ici l'article complet sur Communicant.info

" De la curiosité, des goûts éclectiques, un humour à tout épreuve, une envie de faire rêver les visiteurs… Et beaucoup de professionnalisme… Ce sont quelques mots qui nous semblent caractériser Claire Casedas, créatrice de l’agence de muséographie et scénographie Fun in Museum et du blog Musée-Oh!
Nous avons invité Claire à souffler la première bougie de son agence sur communicant.info et, au passage, à répondre à nos questions !

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C.I : Aujourd’hui on parle beaucoup de l’importance de faire vivre une expérience au visiteur… Qu’en pensez-vous ? Et que proposez-vous ?

C’est devenu en effet une expression à la mode, un slogan qui s’affiche dans la communication muséale comme une promesse. Encore faut-il que ce ne soit pas seulement de la poudre aux yeux ! A mon sens, faire vivre une expérience au visiteur est essentielle. Elle est au cœur de notre métier, que nous soyons médiateur, conservateur, scénographe ou muséographe.

Qu’elle soit ludique, pédagogique, artistique…, elle doit surtout être conviviale et mémorable. Elle doit marquer et susciter une réaction du public : étonner, immerger, sensibiliser, engager et même choquer si le sujet s’y prête pour faire prendre conscience.

Créer une expérience muséale nécessite selon moi l’écriture d’un vrai scénario de médiation, considérant le visiteur comme un média à intégrer dans un ensemble et à « utiliser ».

Chez Fun in museum, notre marque de fabrique est de rendre le visiteur « spect’acteur », en le rendant à la fois actif et passif au cours de son expérience. On utilise son corps entier dans l’espace qui se connecte aux expôts et les active. On utilise aussi son esprit et tous les registres de l’émotion, pour faire varier son comportement. Rythme, rebondissement, émotion, sensation et partage, sont les secrets d’une expérience « spect’acteur » réussie.

Spect’acteur® est d’ailleurs aujourd’hui toute une gamme de produits et de services que j’ai développée ! Ma clientèle m’attend là-dessus et je fais au mieux pour transformer cette signature en réalité dans mes projets.

C.I : Ludique ou du didactique, de l’interaction (visite en groupe) ou de l’introspection (visite en solo), Spécialiste ou néophyte… Est-ce que répondre aux attentes d’un public ce n’est pas faire le grand écart ?

C’est la vraie difficulté : vouloir contenter tout le monde et finalement ne contenter personne ! Au commencement d’un projet muséo, une analyse et un choix des publics-cibles sont indispensables. C’est au final comme une étude d’usagers et de clientèle qui nous permet d’adapter au mieux le produit en fonction de leur profil, de leurs attentes et de leur comportement.

Au muséographe ensuite d’en déterminer les niveaux de lecture pour chacun et de mutualiser les outils en optant pour une médiation universelle avec différents degrés de découverte. C’est en effet une vraie gymnastique !

C.I : Impliquer le visiteur, est-ce primordial ? Comment procédez-vous ?

Ne pas impliquer le visiteur est pour moi passer à côté d’un projet d’exposition. Lorsque j’imagine mes scénarii, j’essaie toujours de m’interroger sur ce qui me plairait personnellement de vivre dans cette exposition, ce qui rendrait cette expérience unique. Ensuite j’interroge systématiquement mon entourage, des personnes de tous horizons pour obtenir leur point de vue et connaître leurs envies. C’est important de ne pas réfléchir qu’entre spécialistes.

C.I : A communicant.info, on s’intéresse beaucoup à la manifestation d’un « projet de sens », à la traduction d’un ADN… Comment procédez-vous dans la conception de vos expériences visiteurs ?

Lorsque je bâtis un scénario d’exposition, je pars toujours d’une phrase concept, d’un slogan qui va structurer le fond et la forme du projet. Des mots clés et des images qui trouvent une résonnance dans le découpage thématique, les outils de médiation, le design, la colorimétrie, les matières… On donne ainsi une identité propre à l’exposition, une signature. Chaque ingrédient s’articule et fait écho au sens, à l’essence du projet.

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Et enfin les désormais fameuses questions indiscrètes !

– Quelle est la discipline artistique ultime pour vous ? (celle qui surpasse les autres ?)
Les jeux vidéos car ils nécessitent un scénario et une intrigue de qualité, des développements techniques, des effets spéciaux, du ludique et de l’immersion. Ils nous font voyager autant que le cinéma, la possibilité pour le public d’interagir avec le média en plus !

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– Quels sont vos 5 lieux culturels favoris ?
Le Taj Mahal que j’ai visité en 2010, les glyphes de Nazca au Pérou que j’ai survolé cet été, le Musée des Arts Décoratifs dont ses expos mode, le Musée de la Bande-dessinée à Bruxelles et le Château d’Auvers-sur-Oise qui m’a initié à la magie des parcours-spectacles en 2005."

 

Claire décrit son métier à Aurélie Romand pour "Mon cher Watson"

Bandeau claire

 

Extraits de l'article d'Aurélie Romand du 21 mars 2016

Lire ici l'article complet sur Mon cher Watson

" Que répondez-vous à ceux qui pensent que la « Disneylandisation » des musées leur fait perdre de vue leur but premier de transmission du savoir ?

Je leur dirai qu’ils n’ont rien compris et qu’ils restent bloqués dans un musée élitiste et conservateur, dans une culture avec un grand C qu’ils ne veulent partager qu’entre initiés. Apporter au musée le jeu, le spectacle, la surprise, l’expérience, l’imagination, le rêve, l’émotion, ne retire en rien sa capacité à transmettre quelque chose. Au contraire, c’est en multipliant ces formes attrayantes que le public se connecte avec le musée et apprend plus efficacement. Faire réagir, surprendre, éveiller la curiosité, font partie de la transmission des savoirs. Mais il faut que les expériences offertes ne soient pas dépourvues de sens, qu’elles reposent sur un discours et un scénario de qualité. C’est là qu’un muséographe entre en scène.

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Quel est le projet muséographique sur lequel vous avez eu le plus de fun à travailler ? 

J’ai beaucoup apprécié travailler sur un projet sur les orgues, dans mon ancienne agence. L’objectif était de dépoussiérer l’image de cet instrument et de le rendre plus rock’n roll. J’avais imaginé un parcours où le visiteur déambulait dans l’orgue lui-même : dans les tuyaux, le vent, le clavier… La muséographie et la scénographie mixaient dispositifs multimédias et installations artistiques dans un esprit « steampunk ». Le client avait adoré l’esprit déjanté qui collait complètement au thème et au positionnement du musée.

Grâce à votre blog, Musée-Oh !, vous faites découvrir votre vision du monde muséal à plus de 7000 visiteurs. Quel était votre objectif en créant ce blog ? Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à l’entretenir ?

J’ai créé ce blog pendant ma thèse pour partager mes lectures, mes découvertes, mes coups de cœur. Il existait peu de blog sur les musées en 2010. Jamais je n’aurai imaginé un tel succès, en particulier avec la rubrique des musées insolites. Aujourd’hui, je publie moins souvent mais le nombre de fans continue de grandir et le lectorat est toujours aussi enthousiaste. Ce qui me pousse à continuer Musée-Oh!, c’est cet enthousiasme, le goût d’écrire et de partager. Ça m’amuse ! Et puis je vois Musée-Oh! comme la première étape dans mon aventure vers un musée plus fun. Cette vision ne m’a jamais quitté depuis et je la développe aujourd’hui de manière encore plus assumée avec FUN IN MUSEUM, qui en est la continuité.